
blancs qui travaillent avec une certaine assiduité.
Des entités de travail pendant l’innocence d’une communion de l’esprit chaque individu se concentre sur lui-même
au cœur d’une concentration commune, ils semblent avoir abandonné les affres de l’enfance. Ils sont dix-sept en grand silence pour un savoir qui ne frise pas
l’insolence. Un intérêt pour un futur qu’ils doivent construire dans une situation somme toute privilégiée.
Des enfants de riches aux alentours des dix-huit ans, une majorité universelle qui, dans cetteclasse,
semble avoir oublié l’influence de la mode anglo-américaine.
Ils travaillent, je les surveille mais ils n’ont pas besoin d’être surveillé, ils accentuent leur concentration.
Un élève vient me montrer son travail sur la démocratie direct ou indirect… Je lis son texte dans un anglais que je survole,
heureusement cet élève aux lunettes d’Harry Potter me montre le texte qui correspond à la réponse sur son livre.
Alors je n’avais plus qu’à enchaîner les élèves qui vinrent tous me montrer ce devoir de sciences politiques.
J’en profite pour leur parler de démocratie participative pour les emmener un peu ailleurs de leurs cultures tribales.
Ils ont des noms « anglo-chino-tibéto-birmans » très mélangés entre les titres tribaux : GAMIR-KONYAK et des noms angle-américains :
John, Barbara et aussi « AVINI-SOLITO » une fille qui s’appelle KONYAK je lui dit qu’elle avait un nom prestigieux.
Nous sommes dans une ambiance tibéto-birmane dont le pittoresque m’a propulsé au titre de nouveau voyageur local.
Mais toujours en pensée le mot de Max Jacob exprimé par Pauwels :
« Le voyageur tomba mort, terrassé par le pittoresque »
Mais ici il prend des allures de routine.
Ils semblent ignorer l’accumulation et l’enregistrement des données qui s’empilent, au fil du temps, dans les circonvolutions de leur pensée.
Une explosion qui ne contrôle pas l’enthousiasme mais ils semblent l’ignorer. Ils se confinent dans une accumulation formelle et académique qui est déjà tracée.
Classe onze, ils sont en passe de quitter cette école pour passer à des choses encore plus sérieuses.
Un élève ressemble à un bâillement, il est coiffé comme le dessous d’un bras et sent comme un entre cuisse. Il s’est endormi, je le réveille,
je lui fais signe de reprendre ses activités studieuses… Il me demande s’il peur aller aux toilettes… Pas de commentaires…
Il est revenu avec la tête d’une grenouille chinoise qui dormirait sur la feuille d’un lotus japonais.
La bride de ses yeux ignore le trait qui souligne son visage.
Être ici, au bord du monde étend l’universalité du voyage spirituel.
L’esprit s’est arrêté au cœur d’une extension qui progresse (merci Bernard) Un vol métaphysique qui ignore l’ignorance de la science.