
L’objectif affiché est de renforcer un modèle déjà déployé dans plusieurs centaines de villages et de permettre à de nouvelles communes rurales de retrouver un commerce de proximité. Bouge Ton CoQ indique avoir accompagné près de 280 communes depuis sa création et ouvre parallèlement un nouvel appel à candidatures visant 50 communes supplémentaires.
Le dispositif s’adresse aux collectivités de moins de 3 500 habitants souhaitant créer une épicerie participative reposant largement sur l’implication des habitants.
Un modèle fondé sur la participation des habitants
Le principe des épiceries participatives repose sur une organisation locale dans laquelle les adhérents prennent part au fonctionnement du commerce. Selon les données communiquées par Bouge Ton CoQ, chaque structure rassemble en moyenne 70 adhérents bénévoles et travaille avec 15 à 20 producteurs locaux.
L’association estime également que 70 % des produits proposés dans ces commerces sont issus de productions locales. À l’échelle de son réseau, ces activités contribueraient à réinjecter environ 5 millions d’euros par an dans les économies rurales.
Au-delà de la fonction commerciale, les épiceries cherchent à devenir de véritables lieux de vie. Environ 30 % d’entre elles disposent ainsi d’un café citoyen ou d’un bar. Certaines accueillent également des ateliers, des animations locales, des paniers suspendus ou des cafés participatifs.
L’objectif est autant de faciliter l’accès aux produits du quotidien que de recréer des espaces de rencontre dans des communes où une partie des services et commerces traditionnels a progressivement disparu.
Réduire les déplacements dans les territoires ruraux
Bouge Ton CoQ met également en avant l’intérêt environnemental du dispositif. Selon l’association, 62 % des communes françaises ne disposeraient plus d’aucun commerce.
Dans les villages concernés, les habitants doivent parfois parcourir des distances importantes pour leurs achats. L’association estime à environ 25 kilomètres aller-retour le déplacement moyen nécessaire pour effectuer ses courses lorsqu’aucun commerce n’est disponible dans la commune.
La présence d’une épicerie locale peut ainsi réduire certains déplacements en voiture tout en facilitant le développement des circuits courts.
Le modèle prévoit aussi un fonctionnement sans marge, permettant selon Bouge Ton CoQ de supprimer certains intermédiaires et de proposer des produits issus de producteurs locaux rémunérés à un prix considéré comme juste.
L’association présente ainsi les épiceries participatives comme un outil combinant plusieurs objectifs : proximité commerciale, soutien à l’agriculture locale, diminution des déplacements et renforcement du lien social.
250 épiceries ouvertes en cinq ans
Bouge Ton CoQ indique que 250 épiceries participatives ont déjà ouvert en cinq ans. Une quarantaine d’ouvertures supplémentaires seraient actuellement en préparation d’ici la fin de l’année 2026.
Le réseau représenterait aujourd’hui environ 9 000 familles adhérentes bénévoles, soit près de 17 600 citoyens, ainsi que 7 000 producteurs locaux.
Le chiffre d’affaires annuel généré dans les territoires ruraux atteindrait environ 5 millions d’euros.
La carte publiée dans le document montre par ailleurs une implantation répartie sur une grande partie du territoire français, avec de nombreux projets situés dans des zones rurales éloignées des principales agglomérations.
Bouge Ton CoQ souligne également la stabilité du modèle. Selon les données fournies, 95 % des épiceries seraient encore ouvertes 36 mois après leur lancement et atteindraient un fonctionnement à l’équilibre dès leur ouverture.
Un accompagnement proposé aux communes
Pour accompagner les 50 nouvelles communes recherchées dans le cadre de l’appel à candidatures, l’association propose un dispositif présenté comme clef en main.
Il comprend notamment la mobilisation des habitants, la constitution du collectif local, la réalisation d’une enquête auprès de la population, l’organisation d’une réunion publique ainsi que la mise en place de la gouvernance participative.
Les collectivités sélectionnées bénéficient également d’un accompagnement gratuit jusqu’à l’ouverture de l’épicerie, portant notamment sur les aspects logistiques, organisationnels et opérationnels.
Une subvention de départ de 1 300 euros est accordée à chaque commune retenue afin de financer les premiers équipements et aménagements nécessaires.
L’association prévoit ensuite un suivi destiné à accompagner les bénévoles et à favoriser la pérennité du fonctionnement.
Des commerces également conçus comme outils de transition locale
Au-delà de l’accès aux produits alimentaires, Bouge Ton CoQ souhaite intégrer progressivement dans ces projets des pratiques liées à la sobriété, à la relocalisation de l’alimentation et à la réduction des impacts environnementaux.
L’association considère que ces commerces peuvent favoriser une consommation davantage tournée vers les productions locales et saisonnières, tout en limitant certains déplacements.
Les témoignages présentés dans le document mettent également en avant une évolution des habitudes d’achat des habitants, avec davantage de recours aux circuits courts et une meilleure connaissance des producteurs locaux.
Cette dimension explique l’implication de 1% for the Planet dans la campagne.
Fondé en 2002 par Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, et Craig Mathews, 1% for the Planet rassemble des entreprises, associations et particuliers engagés dans le financement de projets environnementaux. Les entreprises membres s’engagent à reverser 1 % de leur chiffre d’affaires à des organisations à impact environnemental.
Dans le cadre de la campagne de Bouge Ton CoQ, les dons effectués par les citoyens doivent être doublés grâce aux entreprises mécènes participant au programme.
Une collecte ouverte jusqu’au 7 octobre
La campagne nationale doit se poursuivre jusqu’au 7 octobre 2026. Les dons réalisés au profit de Bouge Ton CoQ ouvrent également droit, selon les règles rappelées dans le document, à une réduction fiscale.
Pour les particuliers, celle-ci correspond à 66 % du montant du don, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Pour les entreprises, la réduction d’impôt sur les sociétés représente 60 % des versements, avec les plafonds fiscaux applicables.
Créée en 2020, Bouge Ton CoQ intervient plus largement dans l’accès aux services essentiels dans les communes rurales. En 2026, l’association indique concentrer son action autour de trois dispositifs principaux : les épiceries participatives, les centres de santé solidaires développés par Médecins Solidaires et ClapThéâtre, consacré à l’accès à la culture dans les territoires ruraux.
Avec cette nouvelle campagne, l’association cherche désormais à élargir rapidement son réseau et à installer de nouveaux commerces participatifs dans des communes où la disparition des services de proximité constitue à la fois un enjeu économique, social et territorial.